BPCO : diagnostic et prise en charge

La prise en charge thérapeutique, dans le cadre d’une BPCO stable, vise à prévenir la progression de la maladie, à soulager les symptômes, réduire la fréquence et la sévérité des exacerbations, améliorer la qualité de vie.
La réhabilitation respiratoire (RR) est utile pour les patients symptomatiques afin de réduire leur dyspnée.

 

L’essentiel

  • L’arrêt du tabac est l’objectif prioritaire.
  • Le maintien ou la reprise d’une activité physique est essentiel.
  • La vaccination est importante pour prévenir les exacerbations.
  • La réhabilitation respiratoire (RR) est proposée à tout patient symptomatique pour réduire sa dyspnée, améliorer ses capacités physiques et sa qualité de vie.

 

Les principaux traitements de la BPCO

Pourquoi l’arrêt du tabac est-il un objectif prioritaire pour le patient ?

Les bénéfices du sevrage tabagique sont nombreux : arrêt de la progression de l’obstruction bronchique, report de l’apparition de l’insuffisance respiratoire, prévention et contrôle des symptômes, réduction de la fréquence et de la sévérité des exacerbations, amélioration de la qualité de vie et de la tolérance à l’effort et à l’exercice. D’où la nécessité d’intervenir à chaque occasion pour favoriser et maintenir le sevrage tabagique. La recommandation de bonne pratique « Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l’abstinence en premier recours » peut être consultée en ligne.

Dans le cas d’une consommation de cannabis, il peut être nécessaire de demander l’avis d’un professionnel ayant une compétence en addictologie, avec l’accord du patient.

Sevrage tabagique v1 bis2 

Lire aussi : Sevrage tabagique : des outils pour repérer et accompagner les patients : Sevrage tabagique : des outils pour repérer et accompagner les patients.

 

Comment agir en cas d’exposition professionnelle ?

Il est souhaitable de contacter les professionnels des services de santé au travail, avec l’accord du patient salarié. Si le patient est en activité professionnelle, une visite doit être conseillée.

En l’absence d’exposition à des aérocontaminants à risque d’aggravation de BPCO, le maintien dans l’emploi doit être favorisé le plus longtemps possible.

 

Quelles vaccinations mettre en place ?

Tous vos patients atteints de BPCO devront être vaccinés contre la grippe chaque année et contre le pneumocoque selon le calendrier vaccinal, pour prévenir les exacerbations de BPCO.

 

Comment encourager votre patient à pratiquer une activité physique ?

L’activité physique (AP) a des effets bénéfiques sur la dyspnée, la sensation de fatigue, la tolérance à l’exercice et la qualité de vie. Elle permet de faire sortir le patient de la spirale négative du déconditionnement. Elle fait donc partie intégrante du traitement de la BPCO et vous serez amené, à chaque consultation, à encourager votre patient pour qu’il réduise les temps de sédentarité et pratique une activité physique dans la vie quotidienne (éventuellement sur prescription).

Un dossier complet sur la prescription d’activités physiques et sportives (APS) est en ligne. Il comprend notamment un guide permettant de promouvoir et prescrire l’APS et des référentiels par pathologie : un référentiel BPCO est disponible.

Consulter le référentiel Bronchopneumopathie obstructive
Visionner la vidéo [Activité physique] Quels effets sur la bronchopneumopathie obstructive (BPCO) ?

 

Comment encourager l’équilibre alimentaire ?

Quel que soit le stade de la BPCO, la dénutrition, la maigreur ou la perte de poids ont un impact pronostique négatif. Les risques de dénutrition doivent donc être évalués régulièrement et en cas d’exacerbation ou de changement de traitement.

La mesure du poids et le calcul de l’IMC sont systématiques à chaque consultation.

Dans le cadre de la réadaptation respiratoire (voir ci-dessous), votre patient pourra suivre un programme personnalisé d’éducation thérapeutique portant notamment sur l’éducation nutritionnelle, la stimulation de l’activité physique et le renforcement de la motivation.

En cas de surcharge pondérale, la perte de poids ne doit pas être un objectif systématique. C’est l’équilibre alimentaire qui doit être encouragé ainsi que l’exercice physique adapté.

En cas de dénutrition (ou risque de dénutrition), l’orientation vers un diététicien est recommandée.

Infographie « Les 3 principaux traitements de la BPCO »

 

La réhabilitation respiratoire

En quoi consiste la réhabilitation respiratoire ?

La réhabilitation respiratoire comprend les composantes suivantes, adaptées aux besoins de chaque patient :

  • réentrainement à l’exercice avec apprentissage à l’autodrainage, travail de l’équilibre…
  • éducation thérapeutique selon le diagnostic éducatif ;
  • prise en charge du tabagisme et/ou des autres addictions et/ou de l’exposition professionnelle ;
  • prise en charge psychologique incluant la gestion du stress ;
  • évaluation nutritionnelle et accompagnement diététique ;
  • accompagnement social.

 

Quand la réhabilitation respiratoire (RR) est-elle nécessaire ?

La réhabilitation respiratoire (RR) doit être proposée à tout patient symptomatique : dyspnée, intolérance à l’exercice, handicap d’origine respiratoire avec réduction des activités sociales. Elle doit être proposée au décours d’une hospitalisation pour exacerbation. Les contre-indications à la mise en place d’un programme de RR sont rares et souvent transitoires.

 

Quels sont les objectifs et les modalités de la réadaptation respiratoire ?

La réadaptation respiratoire permet de réduire la dyspnée du patient, d'améliorer ses capacités physiques et sa qualité de vie et d'accroître sa mobilité et son autonomie.

Elle peut être proposée dans un établissement de santé mais aussi en ambulatoire et/ou à domicile. Les modalités et la durée sont adaptées en fonction de la sévérité clinique et de la disponibilité des structures ambulatoires pour répondre aux contraintes de votre patient.

La HAS met à votre disposition une fiche « Points clés & solutions sur la réadaptation respiratoire »

  

Comment maintenir à long terme les acquis de la réadaptation respiratoire?

Après avoir fait un programme de RR, le suivi à court puis long terme est recommandé pour maintenir les acquis. Chaque professionnel et intervenant a alors son rôle à jouer : médecin traitant, pneumologue, masseur-kinésithérapeute, enseignant en activité physique adaptée, diététicien, infirmier  (de pratique avancée, « Asalée » ou coordinateur) mais aussi addictologue, cardiologue, médecin du travail, psychologue, ergothérapeute, services sociaux ou encore associations de patients.

La prescription d’activité physique adaptée, les activités organisées par les associations de patients, le suivi par application mobile ou la remise d’un livret contenant une synthèse des réalisations pendant le stage de RR et les éléments du suivi sont quelques exemples d’actions pouvant être mises en place pour aider votre patient à maintenir ses acquis : maintien du sevrage tabagique, de l’activité physique, de l’équilibre nutritionnel, etc.

 

Qui se charge de la coordination de la RR ?

La coordination est indispensable et peut être faite par le pneumologue, le médecin physique et de réadaptation (MPR), le réseau de réadaptation respiratoire ou tout autre dispositif disponible. Selon l’organisation et la démographie locale, le médecin généraliste peut être amené à prescrire et coordonner ces actes. Dans tous les cas, les professionnels concernés partagent l’information entre eux et avec le médecin traitant.

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A lire aussi : Comment mettre en œuvre la réhabilitation respiratoire pour les patients ayant une bronchopneumopathie chronique obstructive ?

 

Rédaction Arielle Fontaine (HAS) & Citizen press